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Médard Nze Ekome

Livre(s) en consultation :

L’ONU face aux conflits armés non internationaux post-guerre froide

En ce début du Troisième millénaire, parmi les nouvelles menaces (appelées aussi menaces asymétriques), qui pèsent sur le système mondial post-Guerre froide, les conflits infra ou non-étatiques, ou guerres civiles, deviennent une des préoccupations majeures de la communauté mondiale agissant sous la bannière de l’Organisation des Nations unies essentiellement. D’où la terminologie « conflit armé non international » en raison de l’implication de cette dernière.

Après avoir été contenus plus ou moins tout au long de l’affrontement bipolaire, ce, au nom de l’anarchie lockienne ou d’anarchie mature – d’où l’expression « Conflits de basse intensité », popularisée à l’époque –, les conflits infra-étatiques représentent la quasi-totalité des recours collectifs à la violence armée de nos jours. Bien que le phénomène ne soit pas une nouveauté, par l’ampleur et l’intensité, il est établi qu’on passe, sans que la coupure soit nette, de l’affrontement entre États au conflit armé infra-étatique. Et cette catégorie de conflits est très fournie depuis la césure 1989/91. Mais la complexité de prévention et de gestion de cette « nouvelle nomenclature de la belligérance » en raison de sa nature même, engendre des difficultés inhérentes aux interventions de la communauté internationale.

Par rapport à ce constat navrant, au-delà de la genèse, des définitions génériques et conceptuelles, cet ouvrage qui ne prétend pas trouver des solutions idoines, ni même clore le débat, voudrait simplement mettre en lumière certains dysfonctionnements liés à la fois au système des Nations unies – États Membres, Conseil de sécurité, Assemblée générale et Secrétariat, et au monde multicentré composé des OING, Firmes Multinationales, soit la nouvelle donne vivante du système mondial contemporain. Car, ce sont deux groupes d’acteurs internationaux à qui incombent à présent la lourde responsabilité en matière de réussite ou d’échec des moyens diplomatico-opérationnels (diplomatie et stratégie de crise), utilisés par l’ONU aux fins de contenir ce nouveau phénomène.

Aussi, dans un système international marqué par la résurgence des rivalités d’une part entre puissances satisfaites, et d’autre part, puissances insatisfaites, il sied de soulever que les enjeux géopolitiques et géoéconomiques prennent de plus en plus d’importance par rapport à la sécurité collective. Raison pour laquelle le présent ouvrage se penche entre autres, avec quelques exemples à l’appui, à l’hypothèse qu’un conflit armé non international se déroulant sur un théâtre stratégique pourra déboucher sur un conflit majeur entre puissances antagonistes. D’où l’impérieuse nécessité pour la communauté mondiale (ONU) de rendre opérantes plus que jamais, par le renforcement de la coopération politique, à ses interventions diplomatiques et opérationnelles préventives pour juguler ce fléau.

Médard Nze Ekome est diplomate, Président de l’ONG « ACPRC ». Il est membre de l’International Institute for Strategic Studies, Londres ; et, également membre-Expert du Réseau de Recherche sur les Opérations de Paix (ROP).