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Markunda Aurès

Markunda Aurès est née en Algérie, dans les Aurès. Psychologue de formation, elle vit à Paris où elle a fait ses études. Également chanteuse, elle a engagé des recherches sur la musique chaoui, composant et restaurant près d'une centaine de titres depuis trente ans. Elle a un second port d’attache dans le Luberon où la pierre et la nature la ramènent au souvenir de sa terre. C'est alors un voyage dans le temps et dans l'espace, un hommage vibrant à la terre d'Algérie, un parcours de vie entre le moment où elle quitte son pays et le moment où elle écrit ce premier livre, avec un retour dans le passé, sur les lieux de son enfance, à travers la guerre. Plusieurs années se sont écoulées. Pour Markunda Aurès, relater ce parcours était nécessaire pour revenir à soi. Elle s'est interrogée sur la douleur intime générée par la perte de la culture et des racines et c'est à travers le chant et l'écriture qu’elle souhaite en préserver la mémoire.

Être auteur d'un livre c’est donner à lire une histoire, ici celle d’une vie. Pour Markunda Aurès, c’est mettre des mots sur des sentiments révélant ainsi une pensée. Écrire pour la première fois est un acte fort, une émotion créatrice comme celle qui habite le chant, elle est l’expression de soi mais aussi se destine à l’autre. Après avoir chanté la terre et la culture des ancêtres, elle choisit l’écriture d’un roman intimement autobiographique, la disparition de sa mère lui ayant conféré un devoir de mémoire. Elle témoigne de l’histoire sur quatre générations d’une grande famille dispersée dans toute la région des Aurès. Drames familiaux liés à l'histoire locale et à l'histoire nationale ont décidé de son destin relaté ici avec pudeur et sans aucun ressentiment.

Le récit court, fluide comme les grains multicolores et odorants du collier d’une jeune mariée auressienne. Les amours des jeunes chaouis qui se choisissent pour s'épouser lors des fêtes agraires ou religieuses se raniment comme les fêtes présidées par les Azriates, gardiennes des danses ancestrales. Ses souvenirs redonnent vie à un monde pluriculturel, riche et pacifique où les langues berbère, arabe et française se mêlaient. La cohabitation intergénérationnelle dans les foyers permettait d'accéder à la modernité sans reléguer son passé dans un folklore pittoresque.

Markunda nous rappelle le statut social privilégié et commun aux auressiennes, leur indépendance et leur volontarisme, au travers des portraits de Dihya et Massika, les femmes de son clan, de ces femmes belles et rebelles, qui avaient impressionné Isabelle Eberhardt et qui ont aujourd’hui perdu une part de leur liberté. C’est aussi sur les raisons de ces changements que l’auteur s’exprime. Cette histoire familiale s’insère dans l'histoire nationale jusqu’à ces dernières décennies. La guerre d’Algérie a profondément marqué l’adolescence de l’auteure et éveillé sa conscience de jeune chaoui.

Markunda Aurès dédie ce roman à sa mère, et à toutes les femmes algériennes qui ont su vivre dignement, quels que fussent le temps et les difficultés au fil des générations.

Livre(s) en consultation :

Si on te nie, la mort l'oubliera

Markunda Aurès s’installe dans le Luberon. Elle acquiert sur cette terre une maison, là où la nature et la pierre la ramènent aux souvenirs, à des images de sa mère, Yemma, à cet état de grâce où tout semble paisible. C’est donc l’occasion pour la narratrice de revenir sur son arrivée à Paris en novembre 1971 depuis son Algérie qu’elle n’avait jusque-là jamais quittée. C’est alors un parallèle nostalgique entre les deux villes, entre ces deux vies bien différentes, la brève évocation de sa rencontre avec celui qui sera son compagnon de vie, Bonny…

À travers ce roman autobiographique, le lecteur est invité à suivre l’histoire d’une vie où le déracinement et les souvenirs forgent le destin. La mémoire s’exprime avec poésie et douceur, le rêve se mêle aux évocations du passé, la nostalgie transcende les émotions… Ce texte est un voyage dans le temps et dans l’espace, un hommage vibrant à la terre d’Algérie.

 

Markunda Aurès vit à Paris. Psychologue de formation, elle est également musicienne. Elle souhaite, à travers l’art du chant, préserver la mémoire et la culture des Aurès. Ses auteurs de référence sont Faulkner et Kundera. Cet ouvrage est son premier roman.